Free Benjamin

Mise en ligne le 20 octobre 2019

Je suis prof d'anglais dans l'Essonne, le but était de conclure une séquence ayant pour thème la lutte des Afro-Américains pendant et après la ségrégation, dans la notion "Idée de Progrès". 

 

Objectifs : le travail en équipe, la mise en commun d'information, la révision des grands événements historiques de la période via la reconstitution d'une chronologie. En termes d'activités langagières, la compréhension écrite, l'expression orale en interaction (ils pouvaient poser des questions aux profs accompagnateurs mais seulement en anglais) Le but était de mélanger documents connus et inconnus pour se remettre dans la préparation de l'oral de langues pour le bac, juste après un retour de vacances. 
 

Des extraits du dossier que j'avais fourni aux collègues qui m'ont accompagnée pendant les séances (nous étions 3 car 3 groupes par groupe-classe, qui évoluaient en parallèle). Désolée j'ai essayé de raccourcir mais... ce n'est visiblement pas mon fort ! 

 

Contexte historique :  Le 3 mars 1991, Rodney King, un homme noir, a été passé à tabac par quatre policiers à Los Angeles. L’agression, filmée, a eu un grand retentissement médiatique. Le 29 avril 1992, les policiers ont été acquittés. À l'annonce du verdict, les quartiers pauvres de Los Angeles s'embrasent : des émeutes de 5 jours qui provoqueront la mort de plus de 50 personnes. 5000 ont été arrêtées en tout.

 

Scénario : Benjamin A. Coleman (personnage fictif), un activiste emblématique, est arrêté « pour l’exemple » en marge de ces émeutes. Il est actuellement emprisonné à la California State Prison (Lancaster, CA). 

 

2019 : les élèves sont des militants du même groupe pour l’avancement des droits civiques. Ils sont contactés par Marcia, la petite sœur de Benjamin, qui sollicite leur aide afin qu’ils aident à faire libérer son frère. Lors de ses années d’enquête, elle a réuni beaucoup d’indices, mais elle est épuisée et ne peut pas mener seule son investigation.
Il est possible de convaincre l’administration pénitentiaire (Department of Corrections) en passant par le juge Harrison, qui s’est montré réceptif aux arguments de Marcia lors de précédents échanges de courriers. Il souhaite qu’on lui expose le contexte de l’arrestation afin qu’il revienne sur la décision prise en 1992. Mais le temps presse pour bénéficier de cet allié : aujourd’hui, c’est son dernier jour en tant que juge car il prend sa retraite demain : les élèves vont devoir retrouver les éléments qui peuvent expliquer le contexte social de l’époque et en reconstituer la chronologie afin de convaincre le juge de faire libérer Benjamin.  

 

Déroulement : séances de 2h au CDI. La partie escape game à proprement parler dure 1h15, avec du temps prévu pour la rédaction d'un manifeste comme seconde chance si les élèves n'avaient pas réussi le jeu. 

Les groupes-classes (environ 22/24 élèves à chaque fois) sont subdivisés en 3 groupes. Chacun des 3 groupes suit une série d'énigmes indépendantes et différentes des 2 autres branches, mais dont les indices communiquent Au fur et à mesure des énigmes, ils découvrent des éléments de chronologie (dates, photos, noms des événements) qu'ils devront reclasser à la fin sur une frise chronologique, qui leur servira de support pour un entretien avec le juge. Lors des 2 dernières séances de l'escape game, le besoin de créer la chronologie était matérialisé par une grande flèche rouge (quasiment 4 mètres !... cela a facilité la compréhension de la tâche, par rapport à quand il n'y en avait pas) posée sur une table du CDI. 

 

Les élèves ne s'attendaient pas à ça, c'était généralement leur premier escape game en classe, et je ne les avais pas prévenus, ils savaient juste que ce serait une séance "différente" au CDI, avec 3 profs au lieu de juste moi. Majoritairement ça leur a plu, moi aussi, ça me donne envie d'en faire d'autres !